Le 30 octobre, l'écrivain néerlandais Harry Mulisch est décédé à son domicile d'Amsterdam. Il avait 83 ans. Avec Willem Frederik Hermans (1921-1995), Gerard Reve (1923-2006) et Hella S. Haasse (° 1918), Mulisch est une des grandes figures de la littérature néerlandaise de l'après-guerre.
Mulisch est né à Haarlem. Son père, militaire austro-hongrois, avait émigré aux Pays-Bas après la Première Guerre mondiale. Sa mère était la fille d'un banquier juif de Francfort-sur-le-Main, qui avait émigré avec sa famille après la Grande Guerre en Flandre d'abord, aux Pays-Bas ensuite.
Mulisch laisse derrière lui une œuvre impressionnante. Son thème majeur était la guerre. Il s'y identifiait, disant de lui-même: “Je suis la Seconde Guerre mondiale”. Un grand nombre de ses écrits portent sur cette période, tels “Noces de pierre” (titre original: “Het stenen bruidsbed”) sur le bombardement de Dresde et “L'Attentat” (titre original: “De aanslag”). Son volume “La Découverte du ciel” (titre original: “De ontdekking van de hemel”), qui compte pas moins de 900 pages, a été sacré en 2007 meilleur livre en langue néerlandaise de tous les temps.
Mulisch est l'auteur le plus traduit de l'histoire de la littérature néerlandaise. Ses livres sont en vente dans plus de trente langues. Depuis 2006, un astéroïde porte son nom. Cette consécration lui a fait dire, laconiquement: “Me voilà maintenant dans le ciel. Les prix littéraires, cela s'oublie, même les Nobel; les corps célestes, jamais”.
Au fil des années, plus de vingt articles ont été publiés dans “Septentrion” au sujet de Harry Mulisch. On retiendra, parmi d'autres, celui de Philippe Noble à propos de “La Découverte du ciel”, paru dans le n° 1 / 1999.